Frédéric Chopin – Sonates pour Piano n°2 et 3/Fantaisie opus n°49

Diagnostiquée dès 1838, la tuberculose emporte Chopin onze ans plus tard, qui laisse à 39 ans une soixantaine d’opus et autant d’œuvres non répertoriées ou posthumes. Composée en 1837, sa Marche Funèbre a été interprétée lors de l’enterrement ; reprise et popularisée dans une version orchestrale en 1933 par Sir Edward Elgar, elle est bien présente sur ce disque au sein de la Sonate n°2, mais pour moi c’est son premier mouvement Doppio movimento qui est le plus époustouflant, alternant fougue et douceur avec un sens inné de la surprise, ne craignant pas les ruptures de rythme et pour avoir pratiqué le piano dans ma jeunesse, je mesure de quoi je parle… On apprend dans le livret que pour sa Fantaisie opus n°49, Chopin a voulu restituer l’ambiance des histoires d’Edgar Allan Poe. L’anecdote n’a jamais été vérifiée, mais une telle analogie correspond bien à ce que l’on ressent au sortir d’un voyage en compagnie de celui qui a révolutionné le jeu pianistique. De nos jours encore au Père-Lachaise, la tombe de Chopin est une des plus fleuries.

Frédéric Chopin – Polonaises

Homme insatisfait, conscient de son génie et désireux de l’explorer toujours plus loin ; malgré une constitution fragile et une certaine ochlophobie ne facilitant pas ses prestations scéniques, Chopin était un perfectionniste. Selon George Sand, il pouvait passer des semaines à reprendre une page avant de finalement revenir à son état de premier jet… Les 7 Polonaises présentes sur ce cd de la Deutsche Grammophon comptent parmi ses œuvres les plus connues, en particulier l’Héroïque opus 53 que chacun a déjà entendu ou fredonné, magique de limpidité et qui représente un défi pour tous les pianistes. Interprété par l’Italien Maurizio Pollini, ce disque se termine sur une note apaisée mais où l’on sent s’installer la tristesse d’un Chopin dont la santé décline, le long des 13 minutes de la Polonaise-Fantaisie écrite en 1846, un an avant sa séparation d’avec George.

Frédéric Chopin – Impromptus/Barcarolle/Scherzo n°2/Nocturne/Valses

Moins d’un an après quitté Varsovie pour Vienne, quelque peu désargenté Chopin émigre pour Paris où se trouve déjà son ami Liszt. Il y donne ses premiers concerts en 1832, mais la critique ne s’emballe pas et voit surtout en lui un compositeur prometteur ; aussi afin d’assurer son existence matérielle, le jeune homme de 22 ans donne des cours de piano à l’élite parisienne. Il fait l’admiration de Balzac, se rapproche de Berlioz et devient l’ami de Pleyel, le fabriquant de pianos dont le son est souvent associé au toucher chopinien. La reconnaissance arrive autour de 1835, un an avant sa rencontre avec l’écrivaine George Sand, tandis qu’il a déjà commencé de composer ses premiers Impromptus, le second Scherzo et deux Nocturnes ; autant d’opus présents sur le troisième cd proposé ici dans la sympathique collection Bonsaï du label Erato, et enregistrés par Michèle Boegner. On y trouve aussi 5 Valses et la Barcarolle qu’il écrivit en 1846, mais ce sont bien les Impromptus qui prédominent, se terminant par la mélancolique Fantaisie-Impromptu n°4 et enchaînés avec le Scherzo n°2, aussi étrange que flamboyant.

Frédéric Chopin – Études opus n°10 et 25

Fin 1830, Chopin est à Vienne où les débuts sont difficiles hors de sa Varsovie natale. Il va néanmoins y composer l’essentiel de ses Études, dont la virtuosité les place bien au-delà de leur vocation pédagogique initiale. Dédié à Franz Liszt, l’opus n°10 contient 12 études et s’ouvre sur celle que l’on a comparée à une Cascade, parmi les plus difficiles à interpréter selon le pianiste Vladimir Horowitz. Il faut dire que l’entrée en matière est saisissante, la main droite arpentant sans repos plusieurs octaves durant 2 minutes 20, qui devaient en paraître bien davantage à l’apprenti musicien tandis qu’installés dans notre fauteuil, nous savourons ce moment de grâce. C’est cependant la troisième étude qui est la plus connue, dont la mélodie a été reprise par Serge Gainsbourg sur Lemon Incest en 1985, en duo avec sa fille Charlotte. L’opus n°25 se constitue de 12 autres études composées à Paris, avec en particulier la n°5 et bien nommée Fausse Note pour sa disharmonie volontaire… Interprétées par Samson François, ces Études où se côtoient puissance et nostalgie sont une voie de choix pour découvrir Chopin.

Frédéric Chopin – Concertos pour Piano n°1 et 2

Compositeur et pianiste, Frédéric Chopin est né en 1810 d’un père français et d’une mère polonaise, non loin de Varsovie où il passe les vingt premières années de sa vie. Il révèle très tôt des aptitudes pour le piano, est instruit par un professeur adepte de Bach et de Mozart et intègre son premier orchestre à 8 ans. En 1830, il quitte Varsovie où il vient de créer ses Concertos pour Piano n°1 et 2, qu’il interprète lors d’un concert d’adieu très applaudi ; et se rend à Vienne afin de faire connaître sa musique, mais sans grand succès dans la ville où un certain Johann Strauss fait déjà valser les cœurs… Écrits avant tout pour son propre usage, ces deux concertos de jeunesse sont pétris dans le romantisme, Chopin ayant qualifié le premier de « rêverie au clair de lune par une belle soirée de printemps. » C’est également mon favori, avec son mouvement Allegro maestoso que reconnaîtront ceux qui se souviennent des premières minutes du film Le Pianiste de Polanski. Un disque enregistré à Tel Aviv en 1989, avec Zubin Mehta à la baguette.