François Faton Cahen – Calme dans les Étoiles

Calme dans les Étoiles est une suite de 12 pièces instrumentales pour piano, écrites et interprétées par Faton Cahen. C’est avec ce sixième album solo que j’ai découvert cet artiste, l’année de sa sortie chez un disquaire toulousain qui le proposait d’occasion. Est-ce la superbe illustration de couverture qui a guidé mon choix, ou tout simplement Calme dans les Étoiles, ce titre riche de promesses ? Je ne m’en souviens pas et pourtant, ce disque a rapidement compté parmi mes favoris, tous genres confondus et je le réécoute souvent comme si c’était la première fois… Car il est incroyable et je n’entrerai pas dans le détail des titres qui se conçoivent comme un tout, à l’image des Gymnopédies de Satie ou des Variations Goldberg selon Gould ; la générosité en plus… Agrémenté de treize dessins originaux de Mœbius, le livret rend l’objet encore plus attachant ; une perle que j’ai tout le temps envie de trimbaler avec moi : de ces disques capables de tutoyer l’instant présent.

François Faton Cahen – Amalgama

Sorti en mai 2011 sous le nom Faton Cahen Quintet, aux côtés de François Causse, Léonard Le Cloarc, Petteri Parviainen et Nicolas Auriault, Amalgama est le dernier album studio de Faton Cahen. Il ignore alors qu’il va mourir deux mois plus tard, avant même que tous ses amis n’aient eu le temps de lui faire parvenir ce court texte qu’il leur avait demandé, à l’occasion de cette parution… Amalgama signifie fusion des métaux en langue arabe, comme nous l’apprend Faton Cahen dans le livret, en ajoutant malicieusement que Magma n’est pas très loin… Un disque où règne le swing sur Sophia et Petits Pains, où dépaysent les rythmes d’Un Africain à Pékin et d’Ouaga ; ou bien ménage de longues plages sur Brume et sa flûte rêveuse… Moins avant-gardiste que Great Winds, cet ultime album rend hommage à un pianiste sensuel, chaleureux et qui savait s’entourer.

François Faton Cahen – Great Winds

Né à Coulommiers en 1944, le pianiste de jazz François « Faton » Cahen a publié une trentaine de disques entre 1973 et 2011, que ce soit en solo ou au sein du groupe Magma, puis de Zao qu’il fonde avec le Hongrois Yochk’o Seffer en 1973, afin d’épanouir son penchant pour l’improvisation. Enregistré à New York en 1979, Great Winds est le troisième album de Faton Cahen. Accompagné de Miroslav Vitous à la contrebasse et de Michel Seguin aux percussions, c’est bien un vent de liberté qui souffle sur ce disque contrasté, où le piano de Cahen nous prend par la main avec Alizé pour ne pas qu’on s’envole, histoire de préparer l’endiablé Oriental Wind ou le tourbillonnant Whirlwind, juste après la délicieuse rythmique de Spirit of the Wind, rappelant le jeu pianistique de la période Magma… Débridé sans sombrer dans l’expérimental, ce disque aérera les oreilles les plus exigeantes.