Finlandia Sound Souvenir

Paru en 1991 chez Finlandia, ce disque regroupe vingt-et-un morceaux célébrant la musique classique finlandaise sous toutes ses formes. Karelian Folksong et Kalevala Melody ouvrent le bal avec Marrti Pokela au kantele, instrument à cordes traditionnel, suivi par Izumi Tateno au piano dans les œuvres d’Oskar Merikanto, compositeur et organiste finlandais que l’on retrouve plus loin dans des extraits d’opéra, avec la voix saisissante du baryton Hynninen… Jean Sibelius est présent avec le Finlandia Anthem mais aussi au piano ou bien accompagné d’un orchestre symphonique sur Alla Marcia ; d’autres compositions illustrent l’esprit du « souvenir » suggéré par le titre de ce disque, avec délicatesse dans la Song of the Karelians de Hannikainen, ou à travers la Melancholy extraite du Cantus Arcticus de Rautavaara… Enregistrées entre 1969 et 1990, ces soixante-seize minutes produites avec un sens inné de l’enchaînement invitent sur le champ au dépaysement de soi.

Estonian Piano Music

Trois ans avant Estonian Piano Concertos, Finlandia Records publie Estonian Piano Music et donne à connaître sept compositeurs estoniens, au fil d’un album où les œuvres s’enchaînent à merveille sous les doigts du pianiste Lauri Väinmaa… Ester Mägi ouvre le bal avec The Ancient Kannel, une piécette espiègle et fugace, suivi des cinq parties exaltées de la Piano Suite n°1 de Raimo Kangro. Puis Jaan Rääts nous tricote une Toccata tourmentée et c’est le retour de mon favori, Lepo Sumera avec sa Piece From the Year 1981, servie dans un écrin d’insouciance… Presque aussi sublime est la Sonate d’Erkki-Sven Tüür, ensuite on se détend avec Fata Morgana de Peeter Vähi avant de conclure par le poids lourd du disque : Arvo Pärt et sa Partita pleine de rebonds, un compositeur associé au courant minimaliste mystique, ce qui n’est pas pour me déplaire et me donne envie d’écouter son confrère polonais Henryk Górecki.

Estonian Piano Concertos

Paru en 1997 sur le label Finlandia, Estonian Piano Concertos consacre l’œuvre de trois musiciens estoniens : Artur Lemba né en 1865, Eduard Tubin né en 1905 et Lepo Sumera né en 1950. Les trois mouvements du Concerto n°1 pour Piano de Lemba sont sinueux et romantiques, le Concertino de Tubin se déploie en une vague continue dont le rythme nerveux à la timbale se signale dès l’ouverture ; mais c’est le Piano Concerto de Sumera que j’écoute le plus souvent pour son alternance de motifs vifs et lents chez ce pianiste alignant plus qu’un autre des suites de notes aiguës, infimes préparant au second mouvement, magique dans sa procession vers les sommets, où tout s’accélère et n’en finit plus de s’emballer… Avec Lauri Väinmaa au piano et Arno Volmer à la baguette, au sein de l’orchestre national d’Estonie.

Contemporary Music for Cello and Piano

Cinq pièces pour violoncelle et piano sont au menu de cette compilation mettant à l’honneur cinq compositeurs contemporains nés entre 1908 et 1959. La Sonata d’Elliott Carter permet une entrée en matière douce et colorée ; Trois morceaux de l’Aube de Jouni Kaipainen incarnent la phase la plus expérimentale du disque, avec instruments modifiés et glissandos furibonds, vers les alanguissements d’Edison Denisov suivis de la Sérénade déjantée de Paavo Heininen, le tout se refermant en deux temps trois mouvements sur le tourment du Quo Vadis d’Erik Bergman… Il faut écouter ce disque plusieurs fois avant de discerner quelle unité sonore se cache derrière ces morceaux venus d’horizons apparemment lointains, reliés entre eux grâce à Tuija Hakkila au piano et Anssi Karttunen au violoncelle, un duo Finlandais de renommée mondiale constitué depuis 1975. Certes, par endroits le panorama est escarpé mais jamais il ne donne la migraine, proposé par le label Finlandia et accompagné d’un livret détaillé.