David Lynch – The Big Dream

David ralentit sur ce troisième disque aux airs alanguis, paru en 2013 et enregistré dans son Asymmetrical Studio, situé à Los Angeles dans la maison où il a tourné Lost Highway. Il rêve à deux (The Big Dream) et cultive son blues moderne avec le rythme à la Tom Waits de Star Dream Girl, puis rend hommage à Bob Dylan avec The Ballad of Hollis Brown… I Want You est downtempo parmi ces 12 chansons étrangement accessibles, où la dream pop et l’electro s’entremêlent à des racines country blues rappelant Osez Joséphine d’Alain Bashung. Mention mélo pour The Line it Curves et sa tapisserie de sons finement cousus, ombrageux à danser le temps d’un slow ; quant au digipack il est à nouveau remarquable, avec son livret orné de paroles obliques et ses photographies sibyllines.

David Lynch – Crazy Clown Time

Dix ans après l’impétueux Blue Bob, David Lynch se jette à l’eau avec Crazy Clown Time où il assure le chant en plus des instruments. Habituée des collaborations excentriques, Karen O ouvre le bal sur le sensuel Pinky’s Dream, suivi de Good Day Today ou l’optimisme selon Lynch… Noah’s Ark nous imprègne de murmures organiques et The Night Bell with Lightning aurait pu illustrer une scène de Twin Peaks ; on est émus par Stone’s Gone Up et divertis avec le titre éponyme, les guitares font des bruits nouveaux et le batteur Dean Hurley est aussi barré que David… Le digipack est accueillant et se feuillette comme un petit livre garni de conseils transcendants au milieu d’images oniriques ; au final le paysage est coloré, moite et savoureux, du vrai CinemaScope pour les oreilles à condition d’y revenir plusieurs fois, un peu comme pour les films de son auteur.

David Lynch & John Neff – Blue Bob

Né en 1946 dans le Montana, David Lynch est un réalisateur, peintre et musicien américain. Reconnu en 1990 pour sa série Twin Peaks, puis ses films Lost Highway en 1997 ou encore Mulholland Drive en 2001, son univers surréaliste s’épanouit dès 1967 dans ses premiers courts métrages à l’école des Beaux Arts de Pennsylvanie, puis dix ans plus tard dans son premier film Eraserhead, pour lequel il a composé la bande sonore… Paru en 2001, Blue Bob est un album studio coécrit avec l’ingénieur du son John Neff, lequel assure également les parties vocales tandis que Lynch se concentre sur sa slide guitare et ses amplis modifiés. Proche de ses films, le résultat se situe entre blues psychédélique (Rollin’ Down) et humour opaque (Thank you, Judge!), rock industriel (I cannot do That) ou ambient (Blue Horse, Mountains Falling), avec un penchant expérimental rappelant les audaces de Captain Beefheart.