David Axelrod – David Axelrod

De même qu’avec Songs of Experience, cet album éponyme m’a toujours fait penser à la période conceptuelle de Serge Gainsbourg, ce qui est aussi rare que réjouissant. Le jeu de la guitare basse est à cet égard frappant, associé aux cordes langoureuses sur Crystal Ball, ou au contraire électriques et nerveuses sur The Dr & The Diamond, tout fait penser au lyrisme sulfureux de Melody Nelson. Longuement préfacé par DJ Shadow, le livret nous permet de comprendre que si cet album n’a été publié qu’en 2001, l’essentiel de son matériau a été écrit dans les années 70. Cela explique pourquoi il possède la même couleur musicale, à l’exception de l’ouverture rap assurée par Ras Kass, et l’émouvante conclusion Loved Boy où l’ami des débuts, Lou Rawls, rend hommage au fils de David Axelrod disparu prématurément.

David Axelrod – Requiem The Holocaust

Le livret nous apprend que David Axelrod a eu besoin de faire ce disque toutes affaires cessantes, après avoir entendu les propos du néo-nazi Tom Metzger à la télé, lors de son procès. Assisté d’Ernie Watts au saxophone et d’Oscar Brashear à la trompette, pour ne citer qu’eux parmi un orchestre très vaste, il a confié le chant à la soliste Yvonne Williams, qui incarne les pensées d’une victime de l’holocauste durant son dernier voyage, depuis sa déportation durant la nuit de cristal jusqu’à sa mort dans les chambres à gaz. Signé Don Menell, le dessin de couverture illustre sans ambages ce que l’on va entendre. Un chant qui ne peut pas en être un, des voix déshumanisées, énonçant les faits. Une expérience musicale contre l’oubli, crépusculaire et éprouvante.

David Axelrod – Songs of Experience

David Axelrod est né en 1936 à Los Angeles. Précurseur du jazz fusion, un courant musical que Miles Davis ou Frank Zappa vont contribuer à faire connaître, son second album Songs of Innocence fait partie d’un triptyque consacré au poète William Blake. Les morceaux n’ont l’air de rien, ça s’écoute tout seul comme une bande originale, avec d’un côté une orchestration qui fait penser aux années 70 (sur London on s’attend à voir surgir un espion de derrière le rideau de son salon), et de l’autre une production novatrice où les cordes s’envolent sans jamais transpirer, où le piano ne s’arroge pas la vedette, laissant sur The Human Abstract autant de place au couple basse et batterie, rejoint par des accords électriques le temps d’une transition vers la trompette, élégante jusqu’au retour du piano, achevant ce morceau de la même manière qu’il l’avait commencé… Le livret retrace en détail le parcours d’un artiste hors norme, à lire pour prolonger la sensation de limpidité éprouvée le long de cette trop brève demi-heure.