Daniel Balavoine – Sauver l’Amour

La petite phrase en page 2 du livret résume bien l’avance dont disposait Balavoine en 1985, lorsque paraît Sauver l’Amour : « Cet album a été fait en juin à la maison. » Il était parmi les premiers Français à utiliser l’informatique musicale, et nous offre neuf chansons ciselées comme un seul diamant, allant à l’essentiel dans des textes aussi purs que Petit Homme Mort au Combat ou Aimer est plus Fort que d’être Aimé, évoquant l’amour et l’espoir d’une vie meilleure pour les déshérités… Sa voix est à l’aise dans tous les registres, les recherches sonores sont originales mais la musique reste toujours accessible, un alliage détonant qui aurait pu l’entraîner beaucoup plus loin, si ce jour de janvier 1986 le sort ne s’était pas emmêlé les pinceaux. Je me revois apprenant la nouvelle en rentrant du lycée, cinq mois plus tard c’était Coluche qui disparaissait. Autre esprit libre et autre accident stupide ; de quoi quitter l’enfance un peu trop vite, quand on a 17 ans…

Daniel Balavoine – Vendeurs de Larmes

Daniel Balavoine est né à Alençon en 1952. Choriste chez Patrick Juvet en 1974, il sera repéré par Léo Missir, producteur chez Barclay. Dans le même temps, Michel Berger termine d’écrire Starmania et l’embauche pour le rôle de Johnny Rockfort. Disques et concerts se succèdent, Daniel envisage une carrière internationale mais en 1986, tandis qu’il participe au rallye Paris-Dakar, il disparaît après avoir pris place à la dernière minute dans un hélicoptère… Vendeurs de Larmes a été produit en 1982 par Andy Scott, qui collabora aussi avec Alain Bashung et Pink Floyd. Il s’ouvre sur un titre d’une minute trente que devraient méditer tous les chanteurs en herbe, car tout y est du contenu à la voix, où un piano suffit à réussir le mélange ; et d’avoir enchaîné cette profession de foi avec Vivre ou survivre témoigne du soin qu’il portait au moindre détail… C’est avec ce titre resté magnifique que j’ai découvert Balavoine ; de L’amour gardé secret à Vendeurs de larmes, voilà un disque qui sonne juste, aux accents rock avec de-ci de-là des effets novateurs, portés par cette voix haut perchée mais jamais traficotée, témoin d’une époque où l’on ne trichait pas.