Chapelier Fou – 613

Chapelier Fou est né à Metz en 1984. De son vrai nom Louis Warynski, il entre au conservatoire à l’âge de 6 ans et apprend le violon et le clavecin. C’est en échantillonnant des dialogues avec le personnage du Chapelier Fou d’Alice au Pays des Merveilles qu’il choisit son nom de scène, avant de faire impression aux découvertes du Printemps de Bourges en 2008… Paru en 2010 sur le label nancéien Ici d’Ailleurs, 613 est son premier album. Avec G Tintinabulum, le bal s’ouvre sur une grappe de bruits soutenue par une guitare discrète, bientôt nappée d’une couche ambient où vont se greffer accords et rythmes plus marqués, pour terminer en douceur comme on avait démarré. Maniant le violon avec grâce dans Luggage ou Secret Handshake, le Chapelier prend soin de ne s’enfermer dans aucun style, livrant un Grahamophone chargé de basses, ou ce Quart de Ton qui donne l’impression de se promener dans Venise… Hémisphère Ouest m’a fait penser à un sample de The Avalanches, et je n’oublie pas la participation de Christine Ott aux ondes Martenot sur Entendre la Forêt qui Pousse, légère comme une mayonnaise maison.

Chapelier Fou – Al Abama

Moins d’un an après son premier disque, Chapelier Fou revient avec un mini album au titre facétieux, et qui passe encore plus vite qu’un ep des Boards of Canada… De quoi continuer à occuper le devant de la scène tout en se produisant à l’étranger, c’est peut-être aussi un clin d’œil aux deux ep publiés au début de sa carrière, c’est-à-dire à peine deux ans plus tôt… Al Abama est un peu le bras gauche de 613, dont il continue de tricoter l’univers et c’est pourquoi on s’y sent bien d’emblée ; du Mystérieux Message ponctué à la manière de ZNR (alias Joseph Racaille et Hector Zazou) au roboratif Right Place and Time Left, entre synthés sophistiqués et chœurs évaporés… Détaché souvent, mélodieux toujours, Chapelier Fou ne saurait être assimilé au courant minimaliste ou post rock, dont il ne partage pas les tourments. Non, s’il fallait le ranger ailleurs qu’au rayon des couvre-chefs, je le mettrais à côté de Pascal Comelade, pour sa capacité à planter un décor différent en deux temps trois bruissements, ainsi qu’une certaine économie de moyens. Et c’est déjà beaucoup.