Boris Vian – Chansons d’auteur

Jazzman à ses débuts, Boris Vian était avant tout écrivain et parolier. Il se produit aux Trois Baudets en 1955, où Georges Brassens le remarque, interprète La Complainte du Progrès, J’suis Snob ou Le Déserteur, présents parmi sept autres titres sur cette anthologie, dont le rare Code de la Route où Boris récite le code de la route pendant vingt minutes, en y ajoutant des vignettes chantées au piano sur des airs enfantins… On y retrouve aussi Les Joyeux Bouchers, tango décapant contre les viandards de tout poil, le décadent Je Bois et la politiquement incorrecte Java des Bombes Atomiques, sans oublier le petit bijou du Cinématographe. Ça rime et ça défrise, décalé c’est ciselé comme autant de poèmes ; avec sa voix claire et ses intonations désuètes, le maître de l’absurde savait aussi mettre le verbe en musique.

Boris Vian – Jazz

Né à Ville-d’Avray en 1920, Boris Vian est un écrivain, chanteur et musicien français. Confidentielle de son vivant, son œuvre littéraire est redécouverte dans les années 70, L’Écume des Jours étant désormais un classique. J’ai 20 ans lorsqu’à mon tour je dévore un à un tous ses livres, dont la liberté de style et de ton soutiendra ma propre quête romanesque. On lira Trouble dans les Andains si ce n’est déjà fait… Passionné de jazz, Vian apprend la trompette et rejoint dès 1937 le Hot Club de France, présidé par Louis Armstrong. La présente anthologie regroupe dix standards de jazz dixieland, enregistrés en 1946 autour de Claude Abadie (Dada Strain, Tin Roof Blues). Avec en bonus cinq morceaux interprétés par le Quintette de Django Reinhardt, ce disque a surtout valeur de témoignage, permettant de s’imaginer auprès de Boris dans le Saint-Germain d’après-guerre.