Bob Dylan – Nashville Skyline

Avec le tube Like a Rolling Stone (paru en 1965 sur l’album Highway 61 Revisited), suivi de Blonde on Blonde que d’aucuns considèrent comme le premier double vinyle de l’histoire du rock, Dylan cultive son sillon entre ballades folk (acoustiques) et chansons folk rock (électriques). En 1966, un accident de moto le contraint au repos, trois ans plus tard il enregistre Nashville Skyline, un album country en duo avec Johnny Cash sur le titre Girl from the North Country, où sa voix nasillarde a été lissée par plusieurs couches de polish… On en retient l’ensorcelant Lay Lady Lay, écrit à l’origine pour la bande originale de Midnight Cowboy, ainsi que Peggy Day qui figure en face B du 45 tours. J’aime aussi l’instrumentale Nashville Skyline Rag, et le dissonant I Threw it all Away.

Bob Dylan – Blood on the Tracks

Six ans après Nashville Skyline et une incartade avec une autre maison de disque, Bob revient chez Columbia dans l’intention de marquer les esprits. Blood on the Tracks est son quinzième album studio, de facture folk rock mais où l’on retrouve la chère écorchure de sa voix, donnant à Simple Twist of Fate ou Buckets of Rain ce merveilleux accent bluesy. Baroque et désarmé, Dylan signe ici son chef-d’œuvre : Idiot Wind et Lily, Rosemary and the Jack of Hearts sont fascinantes, la première étale des griefs sans doute liés à sa rupture avec Sara, sa compagne depuis dix ans ; la seconde est une litanie rythmée par un orgue enchaînant les quatre mêmes accords, conduisant à un climax incroyable sans même tout comprendre des paroles, lesquelles sont absentes du livret et c’est bien dommage, car à l’égal d’un Brassens les textes de Dylan ont au moins autant d’importance que sa musique… Ensuite il rencontre Jésus (en 1979), donne une centaine de concerts par an depuis 1988 et lorsqu’il a le temps, peint des gouaches plutôt pas mal.

Bob Dylan – The Freewheelin’ Bob Dylan

De son vrai nom Robert Allen Zimmerman, Bob Dylan est un auteur-compositeur-interprète américain né dans le Minnesota en 1941. Membre de groupes éphémères au lycée, il chante Little Richard et Elvis Presley, intègre l’université de Minneapolis en 1959 où il adopte son nom de scène en hommage au poète Dylan Thomas. L’année suivante, il abandonne ses études et se rend à New York, se produit dans Greenwich Village et retient l’attention du producteur John Hammond qui chaperonne son premier album éponyme, chez Columbia en 1961… C’est deux ans plus tard que Dylan commence à percer, avec The Freewheelin’ Bob Dylan et son célèbre Blowin’ in The Wind, ses idées pacifistes fédèrent une nouvelle génération, chantées sur de solides bases folk et reprises par Joan Baez, sa future compagne qui va contribuer à le faire connaître. J’en retiens 4 incontournables : Girl from the North Country, Bob Dylan’s Blues, A Hard Rain’s A-Gonna Fall et Corrina, Corrina… La couverture du disque tranche avec les usages habituels, montrant Bob et son amie Suze Rotolo en train de marcher dans la rue, bras dessus bras dessous.

Bob Dylan – Bringing It All Back Home

Cinquième album studio de Bob Dylan, Bringing it all Back Home marque la transition vers un son électrique, les 7 premiers morceaux étant accompagnés par une dizaine de musiciens de studio à la guitare, au piano et à la basse. Ce virage va dérouter certains fans de la première heure, et pour être apparu sans prévenir avec une guitare électrique, Dylan sera sifflé lors d’un concert à Newport en 1965 ! Et c’est en partie mérité, à l’exception de She Belongs to Me, un ode élégant et ambigu à l’amour d’une artiste… Quant aux 4 titres restants (dont le fameux Mr. Tambourine Man), si Dylan redevient maître de sa guitare et de son harmonica, il prend ses distances par rapport à son statut de chanteur engagé au profit de textes poétiques, à cet égard, It’s Alright Ma (I’m only Bleeding) est le titre le plus réussi de l’album… Sur la couverture, Bob est à nouveau avec une femme, ce n’est pas Baez et elle fume une cigarette devant la cheminée.