Beach House – Depression Cherry

Paru en 2015, le cinquième album de Beach House démarre avec Levitation où un lit d’orgue accueille la voix séraphique de Victoria. Saturé et intime, Sparks confirme une tonalité dépouillée vers Space Song et sa ligne de basse limpide, riche de mélodies multiples, mélancolique et nous voilà captifs entre les vagues veloutées ; la féerie est en marche et PPP enfonce l’apesanteur, rythmé comme un tango où l’on aurait perdu pied… L’album se termine avec Days of Candy où l’on se recueille en culottes courtes avec une chorale scolaire, en se disant qu’il n’est pas si fréquent de se sentir aussi bien qu’avec Mazzy Star ou Blonde Redhead, même si l’escarpement n’est pas tout à fait le même… L’édition digipack de Depression Cherry est magnifique, faite de velours rouge elle se laisse longtemps caresser, au contraire de leur précédent opus Bloom dont la couverture était ornée de picots rugueux.

Beach House – Bloom

Formé à Baltimore en 2004  par la chanteuse française Victoria Legrand et le guitariste Alex Scally, Beach House est un duo de dream pop américain. Bloom est leur quatrième album, paru en 2012 et produit par Chris Coady auquel on doit d’autres collaborations avec Future Islands (Singles) ou Blonde Redhead (23), qui parvient à fondre la voix grisante de Victoria dans des arrangements vaporeux et à l’occasion profonds… L’intro de Wild évoque Movement, la guitare est souvent new wave (Other People) et Wishes est une rivière au cours plaisant, sans débordements ; harmonieux le chant domine, un orgue sybillin s’invitant parfois (Troublemaker). Entre shoegaze et cold wave édulcorée, c’est au dernier morceau qu’il se passe vraiment quelque chose : où se répète un thème enfin viscéral, jusqu’au silence avant l’apothéose, guitare et voix désormais complices d’un présent fragile. « It’s a strange paradise… »