Bang Gang – Ghosts from the Past

Cinq ans après le mélodique Something Wrong, Bardi Johannsson revient avec un disque sur lequel il interprète la plupart des chansons, lui donnant une unité proche de celle d’un album de ballades folk, même si l’enrobage possède encore la patte electro qui fait le son de Bang Gang, ainsi que le recours à la voix gourde d’Esther Talia Casey… J’aime particulièrement I Know you Sleep qui m’évoque l’atmosphère de Controlling Crowds, mais aussi l’endurant You Won’t Get Out où chœurs, cordes et batterie nous emportent vers les cimes ; enfin il y a le très enlevé Stay Home, qui me donne aussitôt envie d’écouter le Morning Sci-Fi des Gallois de Hybrid… Un album d’une grande richesse, proposé dans une édition digipack monochrome jusqu’à la surface lisible du cd ; lac noir où se reflètent les constellations.

Bang Gang – Something Wrong

Pour son deuxième album publié en 2003, Bang Gang a procédé à un adoucissement général en atténuant la rythmique trip hop développée sur le précédent opus, permettant de mettre en avant un son de guitare folk et des voix feutrées, souvent associées à des mélodies que l’on attrape facilement : Inside avec Esther Talia Casey, le mélancolique It’s Alright par Bardi Johannsson, ou bien la performance éthérée de Phoebe Tolmer sur There Was a Whisper, entourée d’une myriade de cordes… N’oublions pas la voix lancinante de Daniel Agust Haraldsson, le chanteur de Gus Gus invité sur In The Morning. Coup de cœur pour l’instrumental Look at the Sun, suivi du fameux bonus track Stop in the Name of Love, interprété en 1965 par Diana Ross & The Supremes ; un titre soul à l’origine, dont l’interprétation acoustique ne dépareille pas avec l’album… Décidément rien ne sonne faux sur Something Wrong ; même le livret est sympathique, avec sa pochette érotisante photographiée par Bernard Benant.

Bang Gang – You

Bang Gang est un groupe de trip hop créé à Reykjavik en 1996 par le compositeur Bardi Johannsson, assisté de son amie d’enfance et chanteuse Esther Talia Casey. C’est avec la chanson Sleep que j’ai fait connaissance avec ce combo, à la radio plus probablement qu’à la télé bien qu’elle ait également servi à une publicité automobile, tout comme Hazeldub d’Alpha avait habillé la promotion d’une petite voiture suisse… Il y a d’ailleurs une réelle parenté entre le style des deux formations, rattachées au genre du trip hop qui se prête si bien aux illustrations sonores. Le titre Sleep fait l’objet d’un remix en fin de disque, précédé d’une contribution de Kid Loco aussi brève qu’étonnante, intitulée In Heaven et qui reprend la chanson de la « fille dans le radiateur » écrite par David Lynch pour son premier long métrage Eraserhead. Émotion garantie la première fois, surtout quand on connaît le film… Un album paru en 2000 et qui s’écoute avec plaisir, aux sonorités évoquant parfois les Belges de Hooverphonic. Les photos dans le livret sont signées Ari Magg, et sont à la hauteur de ce que l’on voit sur la pochette.