Angelo Badalamenti – Mulholland Drive

La musique de Mulholland Drive n’est pas entièrement de Badalamenti, qui a en effet coécrit deux titres avec le réalisateur David Lynch, lequel en a cosigné trois autres avec John Neff. Il faut pourtant reconnaître que les morceaux d’Angelo règnent en maître sur ce disque, et bien entendu dans le film dont je ne peux faire abstraction ici, car il compte parmi ce que j’ai vu de mieux au cinéma. Le thème Mulholland Drive, interprété par le Philharmonique de Prague, me remue les tripes à peine j’en entends cinq notes, surtout après que Jitterbug ait commencé de me remettre le film en mémoire. Betty’s Theme est tout aussi sombre, The Beast allège un peu la note parmi d’autres titres évoquant les années 50, Silencio brille à la trompette et Llorando, reprise transcendée d’une chanson de Roy Orbison, vous arrachera des larmes. Car Mulholland Drive emporte dans un torrent sensuel cauchemardesque, et la musique y contribue pour une large part. À noter que Badalamenti fait une apparition remarquée dans le film, en incarnant le producteur Luigi Castigliane dans la scène de l’expresso. « This is the girl… »

Angelo Badalamenti – Music from Twin Peaks

Angelo Badalamenti est né de mère sicilienne, à New York en 1932. C’est en 1986 qu’il collabore pour la première fois avec David Lynch, en composant la chanson titre du film Blue Velvet, dans lequel il aura également le rôle d’un pianiste. J’ai tout de suite été accro à la série (Mystères à) Twin Peaks de David Lynch, diffusée en 1991 sur La Cinq, une chaîne hertzienne qui disparaîtra en 1992 pour laisser la place à Arte. Ah, la passion de l’agent du FBI Dale Cooper pour le café et la tarte aux cerises ! Je n’y peux rien si cette image me revient toujours avant celle de l’infortunée Laura Palmer, dans son sac transparent… Il faut dire que Twin Peaks avait le pouvoir de véhiculer toutes sortes de visions, et les instrumentales Twin Peaks et Laura Palmer’s Theme sont devenues aussi cultes que la série elle-même, sans parler des trois chansons interprétées par Julee Cruise, dont les textes sont signés David Lynch. Un album d’une grande cohérence, entre jazz et pop onirique, légèrement mélancolique.