A Reminiscent Drive – Mercy Street

Conçu par le belge Jay Alanski, A Reminiscent Drive est un projet musical produit par le label FCom, emblématique de la scène électro française. Il en sortira deux albums, Mercy Street et Ambrosia, comètes éphémères au sein de la nébuleuse de cet auteur insaisissable, qui s’était illustré dès 1979 en coécrivant le Banana Split de Lio. Il y a certes un peu à boire et à manger dans cet album où se mêlent le lent et le vif, entre la mélopée de Life is Beautiful et l’entêtant Like Twins, le temps de traverser l’inquiétant Footprints nous arrivons à l’apogée de cette œuvre incarné dans Dawn Man, une litanie époustouflante que je n’hésite pas à rapprocher de Rose, un morceau des Bark Psychosis lui aussi sans équivalent. L’édition digipack se présente sous la forme d’un triptyque riche en photographies, orné en couverture d’un arbre tout en fleurs sur un fond coloré entre ciel et prairie. De prime abord tout a l’air normal, à l’image de ce disque aux nombreuses facettes.

A Reminiscent Drive – Ambrosia

Un de ses premiers morceaux a été jugé digne de figurer sur la compilation Musiques pour les Plantes Vertes, mais l’on ne saurait en rester là si l’on veut saisir toutes les nuances de ce compositeur. Ambrosia foisonne. S’y mêlent voix murmurées, énoncées dans de multiples langues comme sur le titre éponyme, bruitages variés et répétés avec Unconditional Love, comme un Steve Reich qui donnerait dans le format court, ou bien nappes lentes et mélancoliques suivies d’enchaînements touffus, en écho aux mélodies lancinantes telles Traveling Soul ou Smokey Mountains. Ici un piano incertain, surgi de nulle part le temps d’une poignée d’accords, là un synthé lancé à grande vitesse, de quoi évoquer les groupes Air ou Mellow, mais peut-être encore davantage Alpha. Le livret de seize pages est remarquable, tout en papier glacé, où les paroles alternent avec des photos saturées de couleur. Un album à écouter en train, la tête appuyée contre la fenêtre…