Serge Rachmaninov – Concerto pour Piano n°2/Rhapsody/Symphonie n°2…

Né à Semionovo en 1873, Serge Rachmaninov est un compositeur et pianiste russe. Il apprend la musique dès l’âge de 4 ans, entre au Conservatoire de Saint-Pétersbourg cinq ans plus tard et écrit sa première symphonie à 24 ans, mais elle ne rencontre pas le succès et Serge entre en dépression pour plusieurs années. Il parvient à composer son Concerto pour Piano n°2, créé en 1901 et qu’il interprète lui-même, salué par le public et marquant un nouveau départ. Une œuvre en trois parties sinueuses, du Moderato tourmenté à l’heureux Allegro en passant par un Adagio convalescent ; évoquant le propre passé de Rachmaninov et présente sur ce double cd paru chez Deutsche Grammophon, enregistrée en 1959 avec le pianiste Sviatoslav Richter. La Rhapsodie sur un Thème de Paganini est également présente avec Vladimir Ashkenazy au clavier, ses mouvements mélancoliques comme Janacek se colorant soudain à la façon de Saint-Saëns ; ainsi que la Symphonie n°2 écrite en 1907, où clarinettes et violons livrent un combat flamboyant, sous la direction de Lorin Maazel et de l’Orchestre Philharmonique de Berlin.

The Rowallan Consort – Notes of Noy, Notes of Joy

The Rowallan Consort est un duo de musique classique écossais créé en 1994 par le luthiste Robert Phillips et le harpiste William Taylor. Publié cette même année chez Temple Records, Notes of Noy, Notes of Joy réunit vingt-quatre titres remontant au XVIè siècle en puisant aux sources du folklore écossais. Avec Come my Children Dere, la soprano Mhairi Lawson insuffle la bonne humeur indispensable aux chants dits joyeux (Joy) ; à l’aise aussi dans le registre des élans tristes (Noy) sur Lyk as the Dumb Solsequium ou bien le magnifique For Lov of One, une charge partagée avec le ténor Paul Rendall qui lui ne s’égaie guère (Defiled is my Name, Lyk as the Lark ; Depairte, depairte…) Ponctué d’instrumentales cristallines où le luth et la harpe celtique nagent entre deux eaux, ce voyage initiatique combinant folk et classique est un prélude idéal à une virée chez les Cocteau Twins.

Piotr Ilitch Tchaïkovsky – Le Lac des Cygnes/La Belle au Bois Dormant/Casse-Noisette

Composé en 1875 suite à la commande du grand théâtre de Moscou, Le Lac des Cygnes est un ballet de Tchaïkovsky reconnaissable à ses premières mesures au hautbois, inspiré d’un conte médiéval relatant les amours du prince Siegfried en séquences chatoyantes, où les cygnes valsent entre harpe et violons… Treize ans plus tard, Piotr Ilitch adapte La Belle au Bois Dormant de Charles Perrault, mettant davantage de fébrilité dans ces cinq mouvements piquants, enchantés et où notre cœur balance entre deux fées ; avant de conclure avec Casse-Noisette en 1891, d’après un conte d’Hoffmann entre rêve et réalité, dont chacun connaît les ritournelles enfantines depuis la Marche à la Valse des Fleurs finale… Trois suites fluides et raffinées à retrouver sur ce cd paru chez Deutsche Grammophon d’après un enregistrement de 1979, sous la direction de Mstislav Rostropovitch.

Piotr Ilitch Tchaïkovsky/Serge Rachmaninov – Concerto pour Piano n°1/5 Préludes

Piotr Ilitch Tchaïkovsky est un compositeur russe né en 1840 à Votkinsk. Il apprend le piano à l’âge de 5 ans, puis le droit et occupe d’abord un emploi de fonctionnaire avant de reprendre l’étude de la musique ; devient professeur et compose sa première symphonie en 1868… Sept ans plus tard, il écrit le Concerto pour Piano n°1 qui me fait toujours penser à ce sketch des Monty Python, où le pianiste joue les premières mesures tout en s’extirpant d’un sac à patates… Monument de la musique romantique se prêtant à toutes les adaptations, aux allures symphoniques faites de dialogues orageux entre le clavier et l’orchestre, il est interprété par Sviatoslav Richter et dirigé par Karajan en 1962 ; paru chez Deutsche Grammophon aux côtés de cinq Préludes de Serge Rachmaninov, le temps d’un quart d’heure paisible où l’on pense à la grâce de Frédéric Chopin, les attaques fleuries du Prélude n°6 en sol mineur ayant ma préférence.

Carl Orff – Carmina Burana

Né à Munich en 1895, Carl Orff est un compositeur de musique classique allemand. Il apprend le piano et le violoncelle à l’âge de 5 ans, publie à 16 ans des chansons inspirées de poèmes rappelant le style de Richard Strauss ; développe dans les années 20 le concept de « musique élémentaire », une méthode pédagogique visant à révéler le talent qui sommeille en chaque enfant… Composés en 1936, les Carmina Burana ont pour origine des textes médiévaux datant du XIIIè siècle, essentiellement en latin et qui évoquent le hasard et la chair, le jeu ou la brièveté de l’existence ; 24 chants profanes entonnés par des chœurs somptueux et lisibles, alliant efficacité rythmique et sens du drame à la manière de Stravinsky… Des titres qui pourraient très bien passer à la radio, en singles atemporels à commencer par O Fortuna, auquel j’ajouterais la complainte de Swas Hie Gat Umbe puis Veni, Veni, Venias et ses échanges chœur à chœur ; In Trutina pour le solo d’une soprano ou encore l’envol aux castagnettes de Tempus est Iocundum… Dirigé par Eugene Ormandy en 1960, un disque paru chez Sony et que je vois en nuances orange et jaune lorsque je ferme les yeux, tel un miroir moins noir de La Mort d’Orion.

Richard Wagner – La Walkyrie/Tristan et Iseult/Le Vaisseau Fantôme…

Richard Wagner est un compositeur allemand né à Leipzig en 1813. Il apprend la musique à l’âge de 15 ans puis écrit son premier opéra cinq ans plus tard ; s’exile un temps à Paris pour fuir ses créanciers, devient chef d’orchestre et connaît son premier grand succès avec l’opéra Le Vaisseau Fantôme… Il en composera treize autres jusqu’à Parsifal en 1882, qui fut le premier opéra auquel j’ai assisté quand j’avais 22 ans. Je n’écoutais alors quasiment pas de musique classique (à part peut-être Beethoven), et tombai sous le charme de la magnificence wagnérienne ; depuis cela m’a plutôt passé et je préfère écouter Carmen ou Don Giovanni, mais j’ai conservé ce double cd paru chez Decca en 1990 et qui figurait déjà dans ma discothèque lorsque celle-ci ne comportait qu’une étagère… De la Chevauchée des Walkyries aux Murmures de la Forêt ; du romantique Tannhäuser au magnifique Prélude de Tristan et Iseult que Lars von Trier reprendra en ouverture de son film Melancholia : autant d’émotions immémoriales sous la direction de Hans Knappertsbusch et Leopold Stokowski, à travers les séquences emblématiques du compositeur.

Ariel Ramirez – Misa Criolla/Navidad Nuestra

Né à Santa Fe en 1921, Ariel Ramirez est un compositeur et pianiste argentin. Il s’initie au piano au sein d’une famille de musiciens, s’intéresse au folklore traditionnel sud-américain tout en entamant une carrière de pianiste classique… Composée en 1964, la Misa Criolla (messe créole) est chantée en espagnol par la chorale Los Fronterizos, avec un Kyrie porté par les ténors sur des percussions a minima. Les guitares se rajoutent sur Gloria et enflamment les intonations du Credo, une flûte parsemant de gaieté le Sanctus avant d’accompagner les cordes recueillies de l’Agnus Dei… Un moment de recueillement presque laïque sur ce disque paru chez Naxos, où figure également Navidad Nuestra écrite la même année, une suite de chants allant du Pèlerinage aux Rois Mages, étonnants de modernité entre violons et tambourins ; sans oublier la Missa Luba arrangée par le père Guido Haazen en 1958, en latin cette fois mais où l’on retrouve le même esprit festif derrière l’alto Christal Rheams… Un disque attachant où j’entends le traineau du Père Noël et les chants de joie des enfants, vivant et fastueux comme un Requiem dépoussiéré.

Franz Liszt – Rhapsodies Hongroises

Franz Liszt est un pianiste et compositeur hongrois né en Autriche en 1811. Violoncelliste, son père lui enseigne le piano pour lequel il montre un talent précoce, maîtrisant Bach ou Mozart dès 6 ans, ainsi que Beethoven qui avait salué sa virtuosité… Liszt à son inspirera Berlioz, Smetana ou Wagner, sa technique et son agilité faisant de lui l’ambassadeur de la « musique de l’avenir… » Composées à partir de 1846, ses Rhapsodies Hongroises revisitent le folklore hongrois au travers de séquences chamarrées, s’enchaînant avec précision sous les doigts du pianiste Georges Cziffra sur ce cd enregistré chez EMI en 1973… La 9 est céleste (Carnaval De Pesth) et la 11 plutôt mutine, intitulée Rakoczy March la 15 est sans doute la plus connue ; ces exercices de haute voltige me rappelant les Polonaises de Chopin, mes oreilles rassasiées d’aller écouter Bartók pour se rafraîchir le pavillon.

Jean Sibelius – Late Works for Violin and Piano

Paru chez Finlandia en 1995, ce disque propose des piécettes variées, enregistrées par la violoniste Kaija Saarikettu et la pianiste Hui-Ying Liu. Composées en même temps que la Symphonie n°5, les Rondino et Waltz enchantent par leur vivacité, Aubade montrant plus de retenue… Cinq Danses Champêtres font sortir le soleil avant On the Heath où comme chez Yared, la lune se reflète dans le caniveau ; Humoresque laissant des traces de boue dans une ruelle pavée après l’orage… Scène de Danse rappelle les Morceaux en Forme de Poire de Satie et The Bells surprend par son jeu avant-gardiste, répétitif avant le Rondeau Romantique de ce duo de virtuoses finlandais ; signant un patchwork de 18 morceaux d’une sonorité remarquable.

Jean Sibelius – Symphonies n°5 et 7/Suite Karelia

Composée à l’aube de ses 50 ans, la Symphonie n°5 de Sibelius est riche en cors et évoque les humeurs véhémentes des Planètes ; enchaînée avec la Symphonie n°7 qui me fait penser à Arvo Pärt sur ce disque paru chez Deutsche Grammophon en 2002, où Neeme Järvi dirige l’Orchestre Symphonique de Göteborg… Mais c’est pour la Suite Karelia que j’ai conservé ce cd, évoquant une région située entre la Finlande et la Russie, écrite en 1893 et riche en saynètes folkloriques (Intermezzo) tandis que les sinuosités de Ballade font penser à La Moldau ; les déambulations espiègles d’Alla Marcia précédant la montée en puissance de cuivres rutilants rappelant la Symphonie n°3 de Camille Saint-Saëns…  De ces opus que j’aime écouter avant de peindre, afin de parcourir sans dilution la palette des émotions.