Supertramp – Breakfast in America

Paru en 1979, le sixième opus de Supertramp enchaîne dix chansons à peu près parfaites. Aussi peu rock progressif que Thriller, on peut tout de même parler d’un concept album autour de la société américaine, avec sa pochette où la serveuse d’un dining incarne la statue de la Liberté… Le piano vient de loin sur Gone Hollywood, la batterie sculpte une allée pour le saxo de Halliwell et tout est prêt pour The Logical Song où sont récités les souvenirs d’internat de Hodgson, aussi désenchantés que la musique est optimiste… Davies chante sur Goodbye Stranger ou l’histoire d’une séparation avec sifflets, basse au taquet et des chœurs enjoués comme les Beach Boys ; Roger rêve du grand départ même si sa petite amie n’y survivrait pas (Breakfast in America), en quête d’une nouvelle résidence intérieure sur Take the Long Way Home, superbe à l’harmonica avant le saxo plaintif de Casual Conversations… Le synthé brumeux de Child of Vision envahit la plaine où le Wurlitzer s’impose avec la même personnalité que l’orgue des Doors, un solo de deux minutes éteignant ce disque à l’ambivalence contagieuse et au son magnifique, festival pour le cœur et les entrailles.