Serge Gainsbourg – Couleur Café

En 1963, Serge est Chez les Yé-Yé et l’indique d’emblée sur son cinquième album Gainsbourg Confidentiel. Avec Michel Gaudry à la contrebasse et Elek Bacsik à la guitare, le style est nettement jazz et Le Talkie-Walkie ou La Fille au Rasoir font penser à une complainte du progrès post-vianesque, tandis que si la rythmique du Scenic Railway peut évoquer Brassens, du côté des paroles on en est loin. Un album de remplissage avec des jeux de mots dont même Bashung n’aurait pas voulu ; heureusement suivi de Gainsbourg Percussions en 1965, où ce dernier accommode son espièglerie retrouvée au folklore africain… De Là-bas c’est Naturel où « chacune est en deux pièces moins une » à Pauvre Lola avec le rire de France Gall qui va remporter l’Eurovision l’année suivante ; des Sambassadeurs à Tatoué Jérémie et Couleur Café, sans oublier les percussions de Joanna, Marabout et New York USA, signées du Nigérien Babatunde Olatunji et que Gainsbourg va s’approprier sans autorisation… Deux albums regroupés sous le titre Couleur Café ; un cd qui vaut surtout pour sa seconde moitié, fût-elle associée à un pillage pas très fair-play.