Scott Walker – Tilt

En 1995, Tilt propulse Scott Walker dans le cercle fermé des génies vivants, aux côtés de Mark Hollis et Tortoise… Farmer in the City rend hommage à Pasolini, la ballade est sombre mais conserve une certaine harmonie avant les stridences de The Cockfighter… La décomposition progresse d’un cran avec Bouncer See Bouncer ; le chant là aussi contaminé par un cauchemar sonore entre bruissements et cliquetis, renforcés par la batterie torpide d’Ian Thomas… Un orgue abyssal (Manhattan) et une flûte bawu (Bolivia ’95) ; entrecoupée de mots cascades, la ballade émolliente de Patriot (A Single) précède Tilt en chute libre… Avec de nombreux musiciens à sa disposition, comme un Owen Pallett sans allégresse Walker signe un album avant-gardiste mais sans surcharge, d’une violence posée et où chaque effet a été pesé ; à mastiquer longtemps, cru et sans citron.