Scanner – Delivery

Deux ans après Spore, Robin Rimbaud poursuit ses mélanges originaux sur l’album Delivery. Après deux jingles dont celui d’une sonnerie de téléphone à l’ancienne, nous partons pour des instrumentales colorées (Treble Spin puis Fingerbug dans l’esprit de Röyksopp) ; suivies du monologue d’un homme esseulé s’adressant à Heidi dont on n’entend pas les réponses, fruit d’un nouveau détournement de conversation dans la lignée de Spore, sur une musique laconique… Les basses saturées de Barcode évoquent Red Snapper et le téléphone sonne occupé sur Radio Sprite, il y a aussi Affaire où l’on croit reconnaître les voix d’une autre discussion piratée ; car plus on écoute Scanner et plus on se sent étrangement proche des protagonistes, même si deux morceaux seulement ont repris ce procédé sur Delivery où les ambiances contemplatives ont gagné du terrain (Throne of Hives et My Lost Love Hunting Your Lost Face). Mais même s’il n’a pas l’éloquence du précédent, avec ses rythmes electro et ses trompettes évanescentes ce nouvel opus confirme le style singulier de Scanner.