Roxy Music – Avalon

Il faut attendre le huitième album des Roxy Music pour que se dégage un son n’appartenant qu’à eux, l’intro à la guitare de More than This étant aussi inoubliable que la première phrase de L’Étranger d’Albert Camus… Le producteur Bob Clearmountain est aux manettes de cet opus où tout est habile (on le retrouvera cinq ans plus tard aux côtés des Cure) : un saxo mélancolique et des percussions world (The Space Between), un second tube initié par un fameux gimmick à la guitare (Avalon) et rehaussé par les chœurs de la chanteuse haïtienne Yanick Etienne ; une instrumentale ambient comme si Eno était revenu (India), fondue avec les plages sereines de While my Heart is Still Beating : les titres s’enchaînent avec un naturel déconcertant, où Bryan Ferry est passionné (To Turn You On) jusqu’à s’inarticuler (True to Life) avant de se taire à tout jamais, effacé derrière l’irréelle Tara… Dernier album du groupe, Avalon est de loin le plus réussi : un cas d’école qui a peu d’équivalents dans ma discothèque.