Richie Hawtin – DE9: Transitions

Quatre ans après Closer to the Edit, l’homme à la mèche peroxydée mène ses démonstrations à leur paroxysme avec ce nouveau mix de 76 minutes intitulé Transitions. Il a quitté New York pour Berlin où après avoir saucissonné ses samples et digéré ses bandes, trimé sans relâche derrière ses écrans, tout est devenu encore plus fondu et plus inextricable, lissé à l’extrême sur cet ultime bond en avant… C’est céleste et au casque on ne voit pas le temps passer, il y a quelques ratages comme ces bruits ridicules entre les séquences Minimal Master et Tonarzt ou la voix d’un robot poivrot ; car c’est bien dans l’art du rythme que Richie excelle, le dernier tiers de l’album revenant à une unité qui scotche (de Noch Nah(r) à (D)ecaying Beauty). Ce climax mis à part, il est temps d’arrêter la machine apathique de Hawtin, car si j’aime écouter ses constructions lorsque je peins, elles n’ont pas la même espérance de vie que la folie métronomique de Terry Riley ou le charme aléatoire de LFO.