Richard Strauss – Une Symphonie Alpestre

Montagnard dans l’âme, Richard Strauss s’installe dans les Alpes bavaroises en 1908 où il compose sept ans plus tard Une Symphonie Alpestre, aux accents nietzschéens vingt-et-un ans après Ainsi Parlait Zarathoustra.  L’œuvre est scindée en vingt-deux parties mais s’exécute sans interruption, comme un seul plan-séquence du lever au coucher du soleil, décrivant une marche vers les sommets… Flûtes et clarinettes sont des oiseaux, violons et harpes rendent palpables les ruisseaux, cors et trombones soulignent les embûches avant la conquête du pic ; la vue est magique mais déjà il faut redescendre car le brouillard se lève, l’orage gronde puis la tempête, rendus de façon saisissante grâce à l’héliophone, un instrument qui reproduit le son du vent déjà utilisé par Mozart ou Wagner… Enregistrée en 1981 par Karajan et l’orchestre philharmonique de Berlin, Une Symphonie Alpestre propose une randonnée méditative et palpitante qui me fait penser à la Symphonie n°2 de Philip Glass ; où l’air se raréfie en affûtant nos sens, l’âme assagie tandis que nous regagnons la plaine.