Richard Hawley – Truelove’s Gutter

Le jour se lève après un velours instrumental semblant tricoter la suite de Coles Corner là où on l’avait laissé quatre ans plus tôt (As the Dawn Breaks), un chant d’oiseau précédant l’une des plus belles déclarations d’amour (Open up your Door), incarnée par Hawley dont la voix a encore gagné en grâce contemplative. Les sentiments brûlent (Ashes on the Fire) et Remorse Code file la métaphore océanique, à la dérive entre un lit de cordes et la guitare lap steel de Shez Sheridan… On espère que le combat de Soldier On n’est pas perdu d’avance, avant Don’t you Cry dont le climax s’installe en dix minutes hantées de sons célestes produits au waterphone, un instrument où l’on frotte des cylindres creux déjà utilisé par Beaver & Krause… Il faut du cran pour écouter tout seul ce disque à la nuit tombée, « caniveau de l’amour vrai » pelotonné dans son écrin ; sa beauté redoutable flirtant avec le charisme de Moore sans le pathos de Sinatra.  « Love is so hard to find, and even harder to define… »