Red House Painters – Rollercoaster

Moins d’un an après l’imposant Down Colorful Hill, Red House Painters revient avec un second opus éponyme, communément appelé Rollercoaster parce que sa couverture représente un grand huit en bois désaffecté depuis dix ans. Où se confirme la grâce désenchantée des compositions de Mark Kozelek et son univers peuplé de fantômes (Down Through) où le bonheur aurait pu exister (Grace Cathedral Park, Katy Song, Take Me Out) ; la perception brouillée par des guitares aqueuses tandis que les couplets se prolongent en oubliant les paroles… La tête en arrière, l’horizon se retourne dans le Rollercoaster de l’enfance, suivi des hululements de Mother qui traînent en longueur mais restent préférables à ceux de John ; Strawberry Hill relatant une solitude que l’on devine autobiographique, dans un collage poétique mêlé à un chœur de voix amateur… Surnageant entre les eaux brûlantes de Mazzy Star et le ruisseau aride de Roy Montgomery, Rollercoaster est un objet poignant de part en part, un album poignard traversé d’ellipses dont la constance rappelle un autre Mark.