Rammstein – Mutter

Troisième album de Rammstein, Mutter montre en couverture la photo d’un fœtus dans du formol ; complété par d’autres clichés inspirant l’inertie dans le livret réalisé par Daniel et Geo Fuchs, artistes conceptuels francfortois. Le ton semble donné, mais part-on vraiment pour une nouvelle tranche de metal inoxydable ? Ça commence par un cauchemar d’enfance avec Mein Herz Brennt ; puis Links 2 3 4 prend la peine d’indiquer que le groupe est ancré à gauche… sur un air militaire. Avec chœurs et synthés échelonnés, Sonne penche vers le metal symphonique, on respire entre les riffs et ça se prolonge avec Ich Will doublée d’un refrain enregistré avec le public, pour un mélange divertissant… Le titre éponyme est doux comme un orphelin et Zwitter (hermaphrodite) évoque les joies de l’autosuffisance, enchaîné avec l’amour à cru de Rein Raus et la comptine Nebel, où la brume s’abat sur un couple perdu en mer… Moins âpre que Sehnsucht, malgré la beauté de certains textes ce disque ressemble à un pétard mouillé.