Radiohead – Hail to the Thief

En 2003, Hail to the Thief prend ses distances avec la haute voltige electro (Kid A/Amnesiac), revenant à des morceaux plus disciplinés. Le titre de l’album fait référence à l’élection contestable de George Bush trois ans plus tôt ; et si Thom se défend d’avoir écrit un disque engagé, avec (2+2=5) il commence par un hommage puissant au roman dystopique 1984 de George Orwell… Where I End and you Begin et The Gloaming en sont les deux autres perles ; le premier pour ses ondes Martenot, le second grâce à un climax qui s’il avait duré plus longtemps, aurait tutoyé With us Until you’re Dead… La guitare prime et Yorke déprime sur Go to Sleep, comme s’il y avait une suite à Knives Out ; le reste est plutôt récréatif, réveillant pêle-mêle des souvenirs new wave à la Siouxsie et les claviers de Gary Numan… La procession de We Suck Young Blood m’agace et Myxomatosis est fatigant, avec sa pochette saturée de mots creux, collage absurde dénonçant le monde moderne, Radiohead signe ici son album le plus conformiste.