Pink Floyd – Wish you were Here

Deux ans après The Dark Side of the Moon, le neuvième album de Pink Floyd démarre avec un des plus beaux morceaux progressifs jamais composés (Shine on you Crazy Diamond Parts I-V). De synthés lents en solos de guitare installant une flamboyance enivrante, enchaînée avec Welcome to the Machine à broyer l’individu comme dans le Metropolis de Fritz Lang, où dans un bouillon infernal les guitares luttent contre le temps fracassant ; l’homme épuisé, impuissant à freiner la cadence invitant son fils à prendre la relève… Have a Cigar file la même métaphore avec son clavier à la Supertramp et ses riffs synchrones, son rythme jazzy vers le titre éponyme où des bribes radiophoniques précèdent un solo qui porte longtemps… Wish you were Here c’est aussi un hommage à Syd et à tous les fous du monde, les murés et les fragiles, les barrés dont le cœur et l’esprit fonctionnent autrement… L’album se termine avec les Parts VI-IX du premier morceau, joué du bout des doigts avant de s’enflammer dans un dernier tourbillon repoussant les limites de la perception, sur ce disque où le temps ne s’écoule pas comme d’habitude. « Remember when you were young, you shone like the sun. »