Pink Floyd – Ummagumma

Double album paru en 1969 dans la foulée de More, Ummagumma débute par les versions concert d’Astronomy Domine, Set the Controls… et A Saucerful of Secrets ; rallongées et qui sonnent mieux que celles en studio ; ainsi que Careful with that axe Eugene, un inédit remarquable et déchaîné… Le second disque est expérimental, où chacun des membres a signé une composition de son cru. Écrites par Richard Wright, les quatre parties de Sysyphus forment un poème théâtral mêlant un fourbi de piano à des cordes désaccordées, une voix gonflée à l’hélium et un mellotron dans le style de King Crimson. L’apport de Roger Waters est moins mémorable, avec son bestiaire avant-gardiste à la Raymond Scott (Several Species…) et une ballade acoustique où une mouche termine écrasée (Grantchester Meadows) ; en revanche David Gilmour assure avec The Narrow Way en trois parties électro-acoustiques élégantes, et un clavier digne de Supertramp. Pour terminer, The Grand Vizier’s Garden Party de Nick Mason éblouit avec sa salade de percussions et ce vent épuré au milieu, qui me rappelle l’ambiance du Rêve de Singe de Marco Ferreri.