Pink Floyd – Animals

En 1977, tandis que les Sex Pistols font du bruit Pink Floyd publie un album autrement politique, inspiré du roman La ferme des animaux de George Orwell et où « tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres… » La guitare bucolique de Pigs on the Wing accompagne un bref cours de philo sur la nécessité d’aimer, suivie d’un gros quart d’heure de Dogs blessés, hurlant le long d’une chanson fleuve dont l’atmosphère oppressante se déploie entre des silences pesants, une fausse tranquillité que l’on retrouvera sur The Wall… Avec Pigs le cochon grouine, l’intro est belle mais l’on passe ensuite à des chœurs dignes de BJH et il faut attendre Sheep pour le moment fascinant où à la fin de chaque strophe, la voix de Waters se prolonge  jusqu’à se fondre dans le prochain accord au synthé. On psalmodie au vocoder avant un final rock où des moutons samplés se plaignent dans la plaine, un climax désabusé évoquant ce que fera Archive vingt-cinq ans plus tard… Un peu trop bavard pour égaler la magie de Wish you were HereAnimals reste mémorable et me donne envie d’aboyer quand je regarde sa pochette, où un cochon est en train de s’envoler au-dessus d’une usine.