Pink Floyd – A Saucerful of Secrets

En 1968, les synapses de Barrett font un détour définitif dans la dépression. Il est remplacé par son ami David Gilmour à la guitare, tandis que les compositions de Waters et Wright font décoller ce second album vers le space rock… Le chant est incantatoire et l’orgue pulse dans le désert, les cymbales de Let There be More Light font le pont vers l’onirisme paresseux de Remember a Day ; objectif soleil avec Set the Controls for the Heart of the Sun, au tempo méditatif et où la mélodie se creuse avant de fondre dans un trou… Il faut ensuite survivre à l’inaudible Corporal Clegg, son kazoo et ses chœurs idiots, pour découvrir le morceau éponyme structuré en quatre temps progressifs, aléatoires et funèbres au sein d’une liturgie rappelant Tangerine Dream… Comme un Alan Parsons cherchant sa voix, Wright pousse la chansonnette sur See-Saw pour piano et mellotron ; avant l’adieu à Syd qui baisse le rideau avec son émouvant Jugband Blues. « And what exactly is a dream? And what exactly is a joke? »