New Order – Movement

Après la dissolution de Joy Division, Bernard Sumner, Peter Hook et Stephen Morris décident de former New Order, un groupe de synthpop à tendance girouette. Ben s’improvise chanteur et Gillian Gilbert (la copine de Steve) les rejoint aux claviers et à la guitare ; ils filent en studio et publient Movement en 1981, dont la noirceur surprend agréablement… On sent qu’ils ne l’ont pas fait exprès mais l’hommage à Curtis est réussi, le ton est grave et le chant humble, un rien lugubre sur Dreams Never End ou Truth qui rappelle les expérimentations d’OMD… Avec ses lasers intempestifs et un coucou déplacé, ICB est moins inspiré et s’éloigne l’espoir d’un grand album de new wave ; même si nos oreilles se recueillent à la façon de Faith en découvrant les guitares lancinantes de The Him, ou les rythmes de Doubts Even Here et son synthé comme un mellotron… Ni joyau ni fiasco, Movement a le mérite de s’être jeté à l’eau sans bouée, comme une trousse de survie en terrain marécageux.