Moby – Play

Paru la même année que Surrender, le cinquième album de Moby contient 18 chansons dont 8 sont sorties en single. Alors que plus personne ne se bouscule pour publier ses disques, c’est en écoutant les enregistrements du musicologue Alan Lomax que Moby s’approprie ces chants de prisonniers et travailleurs ruraux des années 30, mais aussi le blues de Vera Hall ou la folk de Bessie Jones ; donnant à ses compositions electro une touche inédite et qui fera date… Honey, Find My Baby ou Natural Blues : autant de boucles de voix addictives érigées en morceaux devenus cultes, associées à un sens musical privilégiant la simplicité…  Moby se dévoile aussi au chant (Porcelain) et fait monter l’émotion avec un piano et un sample de gospel (Why Does my Heart Feel so Bad?) ; aussi à l’aise dans le hip hop (Bodyrock) que le trip hop assaisonné de blues (Run On) ou doublé de synthés ambient à rendre liquide (My Weakness) sur ce disque dont chaque titre laisse une trace particulière ; pierre angulaire d’un artiste désormais reconnu et qui va pouvoir s’en donner à cœur joie.