Moby – Innocents

Deux ans après Destroyed, avec Innocents Moby signe un onzième album roboratif d’où se dégagent fraîcheur et goût du risque. Comme un ressort surgi d’une boîte à diable, Everything that Rises enveloppe vers le pays ralenti de A Case For Shame, la voix de Cold Specks évoquant Archive, tout aussi troublante un peu plus loin avec Tell MeAlmost Home évoque Mercury Rev et Going Wrong nous délecte de sa douceur downtempo ; Wayne Coyne se fait plaisir avec The Perfect Life avant la solution soluble délivrée par Skylar Grey sur The Last Day, aussi délicieuse que Mazzy Star… Percées de faux raccords, les boucles trip hop de A Long Time grisent durablement avant Saints et ses vocalises réminiscentes de High Energy… La voix de Mark Lanegan fait penser à Richard Hawley en plus caverneux (The Lonely Night), puis Moby reprend le mike pour un slow à l’ancienne (The Dogs) après s’être entouré d’invités variés… L’édition digipack est accompagnée d’un ep  contenant le méditatif My Machines, portant à 18 le nombre de morceaux sur ce disque où pour le meilleur et loin de s’asseoir sur ses lauriers, Moby n’a pas craint de diversifier son spleen.