Miles Davis – Porgy and Bess

Un an après avoir illustré le film de Louis Malle, Miles Davis adapte Porgy and Bess, un opéra de George Gershwin créé en 1935 et universellement connu pour les morceaux Summertime et It ain’t Necessarily So. Aidé de l’arrangeur et compositeur canadien Gil Evans (à ne pas confondre avec Bill), qui s’est affranchi des contraintes du jazz classique en adoptant la technique modale, Miles va libérer son jeu à la trompette mais aussi au bugle. Gone et My Man’s Gone Now sont pleins de cette énergie nouvelle, ainsi que Buzzard Song où l’on savoure de longs moments avec le tuba de Bill Barber, un instrument encore peu utilisé en jazz. Mais le cadre reste contraint par la nature même de la source, et quand les cuivres du big band se démultiplient derrière Davis, la fluidité en prend un coup et son jeu aérien s’efface derrière un appel à la caserne des pompiers…