Magma – Mekanïk Destruktïw Kommandöh

Fondé à Paris en 1969 par Christian Vander au chant et à la batterie, et Laurent Thibault à la guitare, Magma est le groupe emblématique du rock progressif français. Après une série d’albums hétéroclites et peu lisibles, Magma suscite un véritable intérêt en 1973 avec sa trilogie Theusz Hamtaahk ; dont le dernier mouvement est aussi le plus connu : Mekanïk Destruktïw Kommandöh où les morceaux sont chantés en kobaïen, une langue inventée par Vander et qui ressemble à de l’allemand, le livret proposant toutefois un texte en français dévoilant sa « prophétie » : une soupe cosmique rappelant Manset avec plus de brutalité et moins de poésie… Piano et basse ouvrent le bal sur le rythme morne de Hortz fur dehn Stekehn West, complété de psalmodies et entrecoupé de notes gutturales ; cet aspect processionnel parcourant tout le disque… Nebehr Gudahtt démarre comme une impro jazz avant de se perdre dans des joutes chorales hystériques, cet étrange opéra s’achevant sur la touche apaisante de Kreuhn Kohrmahn iss de Hundin. Un album qui s’apprivoise au fil des saisons, recommandé pour découvrir Magma et n’en apprécier que mieux ce qu’ils vont faire ensuite.