Ludwig van Beethoven – Symphonie n°5 (Gould)

Les neuf symphonies de Beethoven ont été transcrites pour le piano par le Hongrois Franz Liszt, un spécialiste du genre qui s’engageait à restituer les œuvres par tous les moyens possible au piano. En 1968, lorsque Gould enregistre la cinquième symphonie de cette manière, il est pour ainsi dire le premier à s’y coller et en l’absence de modèles antérieurs, va cette fois encore déconcerter la critique… Il est déjà difficile d’écouter une œuvre que l’on connaît bien sous la baguette d’un autre chef d’orchestre ; alors évidemment, Beethoven par Gould d’après Liszt, la première fois ça surprend. Je n’ai d’ailleurs pas tout de suite insisté, c’est en y revenant deux ou trois fois que les horizons ont commencé à se rapprocher : au souvenir de l’orchestre de Kleiber s’est superposé le monologue éclatant du pianiste, l’un appelant l’autre dans un échange saisissant. La mémoire musicale aussi est malléable, et la lenteur d’exécution de Gould autorise à chaque fois d’autres détours.