Léo Ferré – La Chanson du Mal Aimé

Guillaume Apollinaire est mort à 38 ans, deux ans après avoir été blessé au front en 1916 par un éclat d’obus dans une tranchée. En 1952, pour rendre hommage à ce poète auquel il se réfère souvent, Léo Ferré adapte La Chanson du Mal Aimé en oratorio. Issue du recueil Alcools, ce long poème a pour origine une passion amoureuse déçue, articulée en trois parties auxquelles Ferré donne une tonalité musicale distincte, rompant avec la monotonie narrative de cette complainte exigeante, surréaliste et qu’en principe on lirait moins vite qu’un chant… Enregistré une première fois en 1957, à Monte-Carlo avec quatre solistes sous la direction orchestrale de Ferré, ce dernier en propose une nouvelle version quinze ans plus tard, où à l’exception de quelques chœurs il chante et récite seul le texte intégral, habité par ce rôle auquel il donne une profondeur lyrique… C’est si dense qu’il vaut mieux l’écouter sans le lire, et puis ensuite le lire sans l’écouter, ce que permet le livret. « O mon ombre en deuil de moi-même. »