Laurie Anderson – Bright Red

Avec ce quatrième disque, Laurie Anderson renoue dès Speechless avec la veine expérimentale de Big Science. Dans Bright Red c’est un dialogue avec Arto Lindsay, où les mots se succèdent d’une bouche à l’autre jusqu’à former du sens, et dans cette saynète comme dans World Without End ou Tightrope, se détache une tendance assez sombre autour de la fatalité, du temps qui passe, un léger cafard que l’on perçoit aussi à travers la musique de Brian Eno, qui a produit cet album en y ajoutant sa touche ambiante. A noter la présence du partenaire de toujours, Lou Reed, sur le titre In our Sleep où l’on s’échange la même histoire monocorde, strophe après strophe sur fond de tambourin. Enfin, dans Same Time Tomorrow, Laurie évoque la répétition des jours en prenant à témoin l’afficheur digital de son lecteur vidéo, affichant un improbable midi permanent, clignotant en rouge vif comme cela se produisait sur ce type d’appareil lorsque l’heure n’était pas réglée.