Labradford – Mi Media Naranja

S’éloignant des contrées traînantes appréciées sur Labradford un an plus tôt, le trio virginien revient avec un quatrième disque à dominante instrumentale, dont les morceaux ont des noms cabalistiques. S et G imposent leurs étendues ornées de textures veloutées, sur WR des voix d’enfants ouvrent la danse à la manière des Boards of CanadaC comme contrée vierge entre le vol d’un oiseau blanc et le labeur d’une taupe redécorant sa galerie à la nuit tombée… La guitare est sobre et le clavier serein, sur V des violons s’accordent à dire que si l’air parfois se raréfie, c’est pour mieux apprécier la prochaine bouffée avec P et son final suspendu à un tamis vaporeux, saupoudré d’un piano digne de Mark Hollis… J’écoutais Mi Media Naranja en boucle lorsque j’ai écrit mon roman On part, un disque rare qui n’a rien perdu de son pouvoir introspectif, discrètement infernal et que je continue à chérir.