La vie triée

Une suite de mémorandums à la fois denses et fulgurants, comme autant d’expériences, de corps-à-corps avec soi, les autres, l’écriture, le temps. « Et l’on commence à y voir clair. Et l’on est tenté de dire que la vie est fraîche. Et l’on s’imagine que la nuit sera vraie. Et l’on se trompe de beaucoup. » Le tout ponctué d’aphorismes, en plus, souvent brillants comme il se devait, que l’on pourra lire et relire en s’introduisant par n’importe brèche, par exemple entre deux lettres. A la lettre F, prise au hasard, ceci encore : « Faire un enfant c’est engendrer du cadavre. Fait du schnaps avec mon grand-père. Fait l’inventaire des flacons bien alignés. Fait le poirier. » Le ton est ainsi donné d’un nouveau Gai savoir à sa modeste façon, qu’aimeront bien les Oulipiens et leurs aimables fans s’il s’en trouve encore. Drôle et grave tout ensemble. Douloureux de temps en temps. Grinçant, aussi.

Fluctuat, Kees de Kock

récit
148 p.
Editions Nicolas Philippe
ISBN 2748800214