Kraftwerk – Computer World

Les années 80 sont là, et que fait Kraftwerk ? Il reste à la fois lui-même, ce qui est courageux ; mais aussi il se repose sur ses lauriers, ce qui est paresseux quand on aurait pu faire péter la baraque. Trois ans ont passé depuis The Man-Machine et ce huitième album s’ouvre sur une liste de noms égrenés d’une voix tour à tour humaine et robotisée, ornée de rythmes dansants… On s’amuse davantage avec Pocket Calculator, tellement typé qu’il en devient original, où Kraftwerk renoue avec ce qu’il sait faire de mieux : de la répétition entrecoupée d’effets surprise, le tout entrelacé avec amour. Numbers énumère des nombres en langues étrangères, sur fond technoïde et avec une voix évoquant Geogaddi ; quant à Home Computer, sa dimension satirique ne l’empêcherait pas d’illustrer une publicité pour l’Apple IIe. La couverture est signée Emil Schult, graphiste de la première heure et qui a contribué à véhiculer l’image de la bande des quatre derrière leurs claviers-pupitres.