King Crimson – Starless and Bible Black

Starless and Bible Black voit le jour en mars 1974 chez Island. Sauf le départ de Jamie Muir pour raisons personnelles, personne ne bouge et devenus quatuor, les King Crimson concoctent leur sixième album à partir de séquences live remaniées, issues de leur prestation à Amsterdam l’année précédente. The Great Deceiver est bruyant, Lament saisit par sa rythmique et l’on est galvanisé par les à-coups à la basse de We’ll Let You Know, puis cordes et percussions cheminent de concert vers le chant serein de The Night Watch tandis que The Mincer s’envole plaisamment vers les deux morceaux phares que sont Starless and Bible Black et Fracture, déliés à souhait et qui maintiennent sur le qui-vive, les 11 dernières minutes se déroulant tel un boléro où Fripp nous entraîne au bout du bout, par vagues successives et en dents de scie, au cœur d’un coït musical jouant avec nos nerfs… Expérimental et respectable, assumant ses collages entre jazz et psychédélisme, cet album manque pourtant de cohésion et irrite par son traitement sonore, alternant séquences hurlées et plages murmurées.

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