King Crimson – Red

Red paraît sept mois après Starless and Bible Black. David Cross s’est retiré, laissant les King à trois même s’ils seront épaulés par d’anciens membres le temps d’enregistrer ce dernier album de leur première époque, Robert Fripp ayant décidé d’arrêter le groupe sitôt le disque achevé… Monstre ténébreux, le morceau Red est à King Crimson ce que The Kiss est aux Cure, s’insinuant tel un serpent venimeux vers le chant de l’ange déchu, à plusieurs vitesses où la guitare de Fripp dicte la cadence… Aux côtés d’une basse en premier plan, One More Red Nightmare se laisse dévorer par un saxo périlleux avant la brassée de cordes classiques de Providence, strident et calfeutré dans le bleu sombre… Le noir arrive avec Starless, sans doute le plus beau morceau du groupe et qui ne serait qu’un chant mélancolique s’il ne durait pas 12 minutes, mettant en musique une descente inexorable vers l’abîme à moins que ce ne soit une remontée en terrain vierge, derrière une porte que l’on ouvrirait pour la première fois… Frissons garantis, ex aequo avec Lizard.

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