King Crimson – Lizard

Fin 1970, dans la foulée du Poseidon les King Crimson lâchent Lizard. Mel Collins a été recruté au saxo et Andy McCulloch à la batterie, Gordon Haskell au chant tandis que Robert Fripp joue toujours plus d’instruments… Dès les premières mesures de Cirkus, la guitare et le mellotron s’équilibrent autour de la voix de Haskell, une douce étrangeté où flamboie un saxo. Indoor Games part en vrille « Hey Ho » , la tension monte d’un cran vers le théâtral Happy Family, la voix s’enrouant derrière un piano désarticulé. Les cordes de Lady of the Dancing Water sont médiévales, on boit un dernier verre au mastroquet car la nuit sera longue dans la forêt de Lizard, morceau de 23 minutes dont les 4 parties forment une même épopée, des chœurs à la Supertramp de Prince Rupert Awakes à un Bolero pas longtemps classique, suivis de The Battle of Glass Tears où la vue se trouble progressivement, une frénésie de cuivres attirant à elle la lumière et l’oxygène… La pochette ressemble à un jeu de tarot, on y reconnaît entre autres les Beatles autour de la lettre I du mot Crimson ; malgré ses imbrications multiples le son de cet album est subtil et limpide, offrant une palette inépuisable à l’imagination du mélomane.

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