King Crimson – Islands

Nous sommes fin 1971 et comme à leur habitude entre deux albums, les King ont procédé à quelques remaniements. Ian Wallace arrive en renfort à la batterie et Boz Burrell en bassiste et chanteur, Sinfield est en sursis et Fripp demeure indétrônable… Comme un orchestre qui s’accorde, Formentera Lady démarre sous pluie de flûtes tièdes. Le saxo puis la guitare de Sailor’s Tale installent une atmosphère qui va grandir vers le sublime avec batterie hitchcockienne et mellotron au service du spleen, restituant à merveille le son symphonique des Crimson. Malheureusement l’album s’arrête là, surjouées The Letters partent en fumée tandis que Ladies of the Road fait bâiller à la manière d’un mauvais disque d’Alan Parsons ; et si la beauté sans paroles de Song of the Gulls vient redonner un peu de grâce, le morceau final retombe dans ce ton déclamatoire qui a prévalu tout du long… La nébuleuse du Sagittaire en couverture était prometteuse mais Islands est paresseux, bavard et à court d’idées au bout de deux titres.

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