King Crimson – In the Court of the Crimson King

Avec Robert Fripp à la guitare, Greg Lake au chant et à la basse, Ian McDonald au saxophone et aux claviers, Michael Giles à la batterie et Peter Sinfield aux textes, King Crimson est le groupe de rock progressif par excellence. Formés à Londres fin 1968, un an après les enfantillages de The Cheerful Insanity, ils font sensation à Hyde Park en juillet 1969, lors d’un concert gratuit des Rolling Stones. Paru trois mois plus tard, leur album In the Court of the Crimson King pose d’emblée le décor d’un monde vacillant, avec son ouverture au saxo et la voix saturée de Greg Lake, 21st Century Schizoid Man s’achevant dans un fracas de cordes… I Talk to the Wind est champêtre et l’on s’imagine hors de danger derrière la flûte et la voix calme du même Greg, vers Epitaph où le mellotron semble avoir été emprunté aux Moody Blues, où la mélancolie domine entre les nuages noirs… La ballade Moonchild est suivie d’un (très) long solo de Fripp au cœur de percussions louches, un vide organisé avant le morceau final, The Court of the Crimson King entre chevalerie et apocalypse… Intranquille à l’image de sa pochette signée Barry Godber, ce premier album un peu cafouilleux annonce de (très) grandes choses.