King Crimson – Beat

Neuf mois après l’élégant Discipline, les King Crimson reviennent avec Beat et ses chansons plus pop que punk, Adrian Belew se référant à Jack Kerouac sur Neal and Jack and Me, puis tellement lyrique avec Heartbeat ou Two Hands qu’elles pourraient passer à la radio… Les sirènes et le phrasé aliénant de Neurotica donnent l’impression d’être au volant d’un taxi new-yorkais, Waiting Man est plus attachant avec sa rythmique tribale, ses cordes à l’unisson d’une voix plaintive et son solo à clouer. Il y a aussi le Requiem final, qui transporte mais fait plutôt songer à Evening Star qu’à une joute crimsonienne… Album replié autour de quelques gimmicks, Beat se laisse traverser comme on feuillette un catalogue de voyages, séduisant sur papier glacé mais sans vraiment aller quelque part.