John Martyn – Solid Air/One World

En 1973 avec Solid Air, John Martyn continue de creuser son sillon folk, labourant l’air de rien ses parcelles préférées (Don’t Want to Know) en y ajoutant un piano Rhodes surprenant sur Dreams by the Sea pour une tirade jazz assisté du saxophone de Tony Coe ; ce dernier étant également présent sur le morceau éponyme, en hommage à l’ami Drake un an avant sa disparition… Nourri d’effets ambient et étiré sur six minutes, I’d Rather Be the Devil et son solo saisi à cœur annonce une couleur progressive que John confirmera sur l’album One World paru quatre ans plus tard, disponible sur ce double cd réédité chez Island en 1992 et où le trouvère a vraiment largué les amarres. Sa voix s’est abîmée en mer mais il en revient avec de nouvelles vagues, la basse de Smiling Stranger résonne comme Prince Blimey et Big Muff semble saluer Fat Albert Rotunda… Mais c’est avec le dernier morceau que Martyn renverse la barque et nous noie dans un abysse inentendu : Small Hours dont les synthés réverbérés s’écoulent avec la même fluidité que ce ruisseau dont on distingue la présence en arrière-plan ; avec un certain Phill Brown aux manettes de cette magie rare.