John Cale – Words for the Dying

Si l’on excepte Songs for Drella, c’est avec cet album que j’ai découvert John Cale. Il doit compter parmi mes cinquante premiers cds, à ce titre bénéficie d’un capital de sympathie particulier ; d’autant qu’il s’écoute comme on parcourt les chapitres d’une symphonie moderne, où en première partie Cale chante les textes du poète Dylan Thomas, rendant hommage aux morts de la guerre des îles Malouines, qui opposa l’Argentine au Royaume-Uni en 1982… Avec Brian Eno à la production (et aux claviers sur The Soul of Carmen Miranda, évoquant la chanteuse et actrice brésilienne), avec les trop brèves interludes au piano de Songs Without Words ; avec ses chœurs compassionnels et ses cordes enregistrées par l’orchestre russe de la Gostelarardio, Words for the Dying illustre le goût pour l’expérimentation d’un artiste qui ne se repose pas sur ses lauriers, proposant là où on ne l’attendait pas une œuvre sincère et abordable.