John Adams – Hoodoo Zephyr

Si cet album paru en 1993 flirte avec le courant minimaliste, répétition ne veut pas dire ennui mais plutôt mise en abîme et approfondissement, dérive inexorable comme par paliers, vers le haut ou vers le bas selon l’humeur recherchée… Loin du systématisme d’un Steve Reich, Hoodoo Zephyr est un travail optimiste et fragmentaire où Bump fait plutôt penser à un gentil Vangelis qu’à l’ampleur de Rubycon, et où Tourist Song a des accents de musique world… En somme, John Adams propose une promenade peinarde mais qui tient la route, pour les soirs où l’on ne veut pas s’embarquer trop loin. La couverture intrigue et se déplie en un livret de seize pages où l’on contemple des paysages désertiques et une maison en bois abandonnée, graffitée et photographiée par Deborah O’Grady. Un texte surréaliste de plusieurs strophes complète le livret, oscillant entre intentions d’écriture et impressions plus vastes.