John Adams – Hoodoo Zephyr

Si cet album flirte avec le courant minimaliste voire répétitif, répétition ne veut pas dire ennui mais plutôt mise en abîme, approfondissement, dérive inexorable et comme par paliers, vers le haut ou vers le bas selon l’humeur recherchée. On est toutefois loin du systématisme d’un Steve Reich, Hoodoo Zephyr reste un travail optimiste et fragmentaire, où Bump fait plutôt penser à un gentil Vangelis qu’à l’ampleur du Stratosfear des Tangerine Dream, où Tourist Song a des accents de musique world. En somme, John Adams propose une promenade peinarde mais qui tient la route, pour les soirs où l’on ne veut pas s’embarquer trop loin. L’intrigante couverture se déplie en un livret de seize pages où l’on contemple des paysages désertiques et une maison en bois abandonnée, graffitée et photographiée par Deborah O’Grady. Un texte surréaliste de plusieurs strophes complète le livret, oscillant entre intentions d’écriture et impressions plus vastes.