Jean-Sébastien Bach – Le Clavier bien Tempéré BWV 846-869

Après la magnificence des Toccatas, j’ai eu envie de m’intéresser à la tempérance du Clavier. D’avoir vu le film Bagdad Café de Percy Adlon y était alors pour quelque chose, où un jeune homme étudie longuement le premier prélude, parfois sur un vrai piano mais le plus souvent sur un clavier muet de sa fabrication, simple planche de bois où il s’exerce inlassablement. Et quand on découvre dans le livret que c’est précisément « à l’usage de la jeunesse musicale » que ces fugues et préludes ont été composées par Bach, on comprend pourquoi elles progressent de demi-ton en demi-ton, à la manière d’une expérience minimaliste apaisée, lyrique mais avant tout baroque. Ton Koopman ne s’y est pas trompé en retenant le clavecin pour interpréter ces tranchettes de bonheur, car s’il est un disque qui peut permettre au béotien de découvrir cet instrument, c’est bien celui-ci.